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Daniel Raimboux

 

LES FOURS PRÉCÉDENTS

 

Le choix du grès vient de la proximité de la Puisaye et surtout de la fréquentation de Jean-Michel DOIX, le céramiste de Coulanges sur Yonne, un ami depuis notre enfance dans ce village du sud de l’Yonne où il s’est installé en 1970.

Le choix des cuissons au bois a été dicté uniquement, au départ, par des considérations financières. Ensuite, c’est devenu un vrai choix esthétique. On peut construire un petit four avec 400 briques et montant à 1280°C avec quelques brassées de bois. J’en ai fait quelques-uns qui ont donné des résultats très inégaux, avec quelquefois de bonnes surprises.

 PREMIER FOUR

 Construit en 1971 à Chablis, il était la copie du petit four d’essais de Jean LINARD à La Borne (Cher). Celui-ci était une réduction que Jean avait faite de son grand four de 9m3 à trois chambres. Le principe de ces fours est japonais. Un « noborigama » est un four ascendant, dont les chambres (de 3 à 20) pouvaient atteindre de très grandes dimensions (jusqu’à 12 x 3 x 3m pour les plus grands fours). Bernard LEACH a fait construire (vers 1930 ?) à Saint Yves en Angleterre une réduction de ces fours : 3 chambres de 1,80 x 1,80 x 1,20m. Ce four a servi de modèle à plusieurs céramistes dont Jean LINARD. (Bernard Leach, « Le livre du potier », Dessain et Tolra, 1974, en français)

J’ai donc construit ce petit four (voir le plan), en utilisant des briques récupérées de la démolition des anciens fours Pointu à Saint Amand en Puisaye, des rails et autres fers d’occasion. Liaison des briques avec du coulis réfractaire en couche fine, isolation supérieure des voûtes avec de la vermiculite. Utilisation d’un mortier de fondu Lafarge et de chamotte pour les pièces de forme ou les remplissages.

Chacune des trois chambres avait un volume de 460 litres, 250 litres utiles. On atteignait 1300°C en 14h à 16h dans la première chambre. Ensuite, il fallait 1 à 2h pour remonter à la même température chacune des deux autres chambres. On consommait au minimum deux stères de bois fendu et quelques bouteilles de grand cru. La troisième chambre était le plus souvent utilisée pour cuire au sel : 1 à 2 kg de sel en quatre salages par introduction de gros sel sur des planchettes, dans le trou d’alimentation de la porte.

Un mot sur les voûtes : en plein cintre, mais s’appuyant l’une sur l’autre (four montant), elles se sont vite déformées. Je résoudrai ce problème en construisant le troisième four à Serein.

 SECOND FOUR

 J’ai construit en 1974 à Merry-Sec, près de Courson les Carrières, un four de type Sèvres de 1m3 à flamme renversée et deux alandiers (foyers). Voûte en plein cintre. Murs et voûte de 22 cm d’épaisseur (voir le plan). Température un peu plus homogène dans ce type de four. Les pièces du haut prenaient beaucoup de cendre, celles des étages inférieurs étaient très protégées sauf près des murettes, en haut de celles-ci, là où la température était là plus élevée.

Gros inconvénient de ces fours : la conduite du feu. On a à gérer deux foyers. De plus, « on se brûle la gueule » car ces alandiers fonctionnent en chargeant le bois au dessus, en travers, à la place du couvercle. Les morceaux brûlent « à l’envers » et tombent dans la braise. On les remplace au fur et à mesure de leur combustion et on n’évite pas, à chaque charge, de prendre un violent coup de chaleur dans la figure. En outre, il fallait débraiser deux fois de chaque côté. Bien pour le barbecue et les copains, mais mauvais pour le rendement. Une cuisson durait 15 heures environ avec un peu moins de trois stères de bois. Il a fonctionné jusqu’en 1980, date à laquelle j’ai emménagé à SEREIN.

Si je devais refaire ce four, je réaliserais une voûte tendue et non un plein cintre, de 11cm d'épaisseur, couverte de quelques cm de béton fondu/vermiculite puis de laine de roche. Le principe d'évacuation des gaz brûlés (trous dans la sole conduisant par un tunnel à la cheminée) est satisfaisant pour l'égalité des températures en bas, et facile à faire.